Le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), Charles Blé Goudé, a réaffirmé mercredi à Abidjan son ambition d’accéder « démocratiquement » à la présidence de la République de Côte d’Ivoire, lors d’une conférence publique au cours de laquelle il a exposé les grandes lignes de son projet politique, social et économique.
S’exprimant à la Maison de la presse d’Abidjan devant des militants, des leaders d’opinion et des journalistes, l’ancien ministre de la Jeunesse du régime de Laurent Gbagbo a assuré vouloir s’inscrire dans une démarche de long terme. « Je m’engage à me battre pour accéder démocratiquement à la présidence de la République un jour. Ça prendra beaucoup de temps. Mais rien ne pourra m’arrêter », a-t-il déclaré, affirmant que « le peuple sera au cœur » de sa future gouvernance.
Placée sous le thème « Une autre Côte d’Ivoire est possible », la rencontre a permis à M. Blé Goudé de présenter une vision qu’il dit fondée sur la tolérance, la solidarité, l’humanisme, la justice sociale et l’équité, avec pour objectif de bâtir un pays « rassemblé » où les divergences politiques se règlent par le dialogue et non par la violence.
Au cours de son intervention, Charles Blé Goudé a également revendiqué son héritage politique, se présentant comme un proche de l’ancien président Laurent Gbagbo. « Je suis un pur produit de Laurent Gbagbo. Je suis pro-Gbagbo », a-t-il affirmé, tout en soulignant que son engagement s’inscrit, selon lui, dans la continuité d’un combat pour la souveraineté, la justice et la démocratie en Côte d’Ivoire.
« Je veux bâtir une société de tolérance, de solidarité. Je tiens à dire aux Ivoiriens que je partage vos douleurs, je ressens chaque coup que vous portez. L’urgence est un rassemblement autour d’un nouveau contrat social. Je connais les besoins des Ivoiriens », a-t-il justifié.
Se réclamant de la social-démocratie, le leader du COJEP dit vouloir gouverner par « l’essentiel et les priorités », insistant sur la nécessité de réformes institutionnelles et électorales.
Il a notamment plaidé pour une limitation « claire et précise » des mandats présidentiels dans la Constitution ivoirienne et pour la réintroduction d’un encadrement de l’âge des candidats à l’élection présidentielle. Il a proposé de fixer l’âge minimum à 35 ans et l’âge maximum à 75 ans pour être éligible à la magistrature suprême, ainsi la mise en place d’un plafonnement des budgets alloués aux campagnes électorales.
Il a par ailleurs appelé à la reprise du dialogue entre le pouvoir et l’opposition. « Mettons à profit le calme actuel pour reprendre les discussions sur les sujets laissés en suspens. Il y a urgence d’engager des réformes électorales et institutionnelles », a-t-il soutenu.
Dans le même esprit, Charles Blé Goudé a proposé de retirer les partis politiques de la Commission électorale indépendante (CEI), estimant que cette institution devrait être confiée à des « experts » afin de renforcer sa crédibilité. Il a également demandé la suppression d’institutions qu’il juge « non essentielles », évoquant notamment le Sénat, la vice-présidence de la République et certaines structures administratives, afin de réallouer les ressources publiques vers des secteurs qu’il considère prioritaires.
« Mettons à profit le calme actuel pour reprendre les discussions sur les sujets laissés en suspens. Il y a urgence d’engager des réformes électorales et institutionnelles », a-t-il soutenu.
Sur le plan social, l’ancien leader politique a insisté sur l’éducation, qu’il présente comme le socle du développement. Il a proposé une réforme en profondeur du système éducatif, incluant un programme d’immersion patriotique et citoyenne destiné aux jeunes âgés de 16 à 25 ans, ainsi qu’une revalorisation de la fonction enseignante et une amélioration des conditions d’apprentissage, notamment en milieu rural.
Face au chômage des jeunes, Charles Blé Goudé a promis de promouvoir la formation professionnelle et la création d’emplois décents à travers la mise en place de pôles régionaux de développement économique et d’un fonds de soutien aux auto-entrepreneurs.
Très critique à l’égard du système sanitaire ivoirien, qu’il juge fragile, le président du COJEP a annoncé la création d’un « Fonds minimum garanti pour la gestion des urgences sanitaires » s’il accède au pouvoir. Il ambitionne également de porter l’espérance de vie des Ivoiriens à 70 ans grâce à un système de santé qu’il souhaite « moderne et accessible ».
Sur le terrain économique et agricole, Charles Blé Goudé a promis un « plan d’urgence pour la souveraineté alimentaire », affirmant vouloir faire de la Côte d’Ivoire « le grenier de l’Afrique ». Il a évoqué la professionnalisation des paysans, la modernisation de l’agriculture et la création d’un fonds dédié à la recherche et à l’innovation agricoles.
Concernant la lutte contre la pauvreté et la cherté de la vie, il a préconisé une baisse progressive de la fiscalité, la subvention des produits de première nécessité et la promotion de la consommation locale, tout en appelant à une transition de l’économie informelle vers l’économie formelle.
Enfin, Charles Blé Goudé a assuré vouloir lutter contre la corruption, qualifiée de « fléau national », à travers une politique de « tolérance zéro », la digitalisation de l’administration publique et la création d’une brigade spéciale anticorruption.





