Abidjan accueille un tournant stratégique pour l’avenir du café-cacao ivoirien. Les principaux acteurs du secteur ont ouvert la première Assemblée plénière de la Plateforme nationale de coordination des initiatives d’agroforesterie, un cadre inédit appelé à redessiner les contours de la production agricole durable.
Objectif affiché : réconcilier performance économique et préservation forestière.
Une urgence écologique, un impératif économique
Le constat est alarmant : en six décennies, la Côte d’Ivoire a perdu près de 80 % de son couvert forestier. Dans le même temps, plus de 5 millions de personnes dépendent directement de la filière café-cacao, pilier d’une économie où le cacao représente environ 15 % du PIB.
Premier producteur mondial, la se trouve face à une équation stratégique : préserver son capital forestier tout en maintenant son leadership agricole.
Face à cette pression écologique et sociale, l’État ivoirien, avec l’appui de partenaires internationaux, a opté pour une gouvernance unifiée afin d’éviter la dispersion des initiatives.
Les responsables présents ont insisté sur la nécessité d’une action coordonnée pour maximiser l’impact collectif, harmoniser les données et structurer les projets carbone et agroforestiers.
Un modèle agricole à réinventer
Le modèle extensif, historiquement basé sur l’expansion des surfaces cultivées, montre aujourd’hui ses limites : sols fragilisés, pression foncière accrue et rendements menacés.
La transition vers une agriculture agroforestière structurée, combinant cultures et préservation des arbres, s’impose désormais comme une priorité nationale.
L’agroforesterie apparaît ainsi comme un levier de résilience climatique et de durabilité économique.
« Cacao Carbone+ » : vers une nouvelle économie verte
Point central de cette rencontre : le lancement officiel de l’initiative « Cacao Carbone+ », prévu le 26 février.
Ce mécanisme ambitionne de transformer la protection des forêts en levier financier durable via le marché carbone.
L’objectif est clair : structurer les crédits carbone issus des pratiques agroforestières et garantir un cadre transparent, crédible et attractif pour les investisseurs internationaux.
Les autorités ivoiriennes rappellent que le cadre réglementaire est déjà opérationnel via le Bureau marché carbone, avec un enjeu central :
faire du producteur le premier bénéficiaire des efforts de reforestation.
Vers un nouveau positionnement stratégique
En lançant officiellement « Cacao Carbone+ », la Côte d’Ivoire envoie un signal fort aux marchés internationaux : il est possible d’allier productivité agricole, responsabilité environnementale et compétitivité internationale.
Si la promesse est tenue, le carbone pourrait devenir bien plus qu’un mécanisme climatique : un nouveau pilier stratégique pour la première puissance mondiale du cacao.
ABIDJAN, 26 février 2026
Mohamed Koné – AbidjanPress
Transition agricole & stratégie carbone
Avec « Cacao Carbone+ », la Côte d’Ivoire cherche à faire du carbone un levier économique structurant, consolidant son leadership mondial dans un contexte climatique exigeant.
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Attractivité internationale8.5





