Une réunion à laquelle ont pris part de hautes sommités de la finance mondiale, notamment Kristalina Georgieva, Directrice Générale du FMI et le Président du Groupe de la Banque Mondiale David Malpass.
Livrant dans son propos liminaire les conclusions de la rĂ©union du G24, le ministre Adama Coulibaly a prĂ©sentĂ© aux journalistes le tableau de bord de lâĂ©conomie mondiale « La crise de la COVID est en train de s’estomper, mais la reprise des Ă©conomies est lente. L’inflation a fortement augmentĂ© et l’insĂ©curitĂ© alimentaire n’a jamais Ă©tĂ© aussi grande. Un plus grand nombre de pays sont d’ores et dĂ©jĂ menacĂ©s de surendettement ou en voie de l’ĂȘtre. Les taux d’intĂ©rĂȘt augmentent, entraĂźnant des mouvements de capitaux et augmentant les risques de financement, en particulier pour les pays en dĂ©veloppement. Les dĂ©cisions de politique monĂ©taire adoptĂ©es dans les Ă©conomies avancĂ©es font peser des risques sur la stabilitĂ© financiĂšre et peuvent entraĂźner un effet de contagion. Le dĂ©veloppement humain connaĂźt un fort recul du fait de crises multiples et conjuguĂ©es », a dĂ©plorĂ© le PrĂ©sident du G24 et chef de la dĂ©lĂ©gation ivoirienne Ă Washington DC.
Toutefois, le ministre ivoirien note que le G24 a saluĂ© les efforts du FMI pour amĂ©liorer la liquiditĂ© Ă lâĂ©chelle mondiale grĂące Ă la mise en place de nouveaux instruments ainsi que les rĂ©visions de la limite d’accĂšs aux instruments existants. « Nous sommes cependant d’avis que, compte tenu de l’ampleur de ces risques, il faut faire davantage, en particulier pour les pays en dĂ©veloppement»
Ainsi sâagissant de lâĂ©pineuse question de la dette, il souligne que « les membres du G24 ont appelĂ© Ă une action urgente au niveau mondial pour aider les pays en dĂ©veloppement Ă contenir les risques d’aggravation de leur endettement » indique-t-il avant dâinsister « Nous avons appelĂ© au renforcement du Cadre commun du G20, afin qu’il puisse apporter une solution rapide au problĂšme d’endettement des pays et Ă©viter une crise de la dette qui entraverait l’instauration d’une croissance durable et inclusive », a-t-il soulignĂ©.
En outre, le ministre Adama Coulibaly a confiĂ© que six points saillants ont marquĂ© les discussions de ces assises du G24. Il sâagit de lâimportance d’un filet de sĂ©curitĂ© financiĂšre mondial solide, avec, au cĆur de ce dispositif, une organisation du FMI fondĂ©e sur le systĂšme des quotes-parts et dotĂ©e de ressources suffisantes.
Dans cette optique, Lâorganisation rĂ©itĂšre son appel Ă l’achĂšvement de la 16e rĂ©vision gĂ©nĂ©rale des quotes-parts, devant aboutir notamment Ă un accord sur une formule de calcul des quotes-parts rĂ©visĂ©e dans le dĂ©lai prĂ©vu.
La formule rĂ©visĂ©e de calcul des quotes-parts devrait permettre un nouveau transfert des quotes-parts des Ă©conomies avancĂ©es vers les EMDE dynamiques pour mieux tenir mieux compte de leur poids de plus en plus important dans l’Ă©conomie mondiale, tout en protĂ©geant les quotes-parts et la reprĂ©sentation des pays pauvres.
Concernant le Groupe de la Banque mondiale, le ministre a fait savoir que le G 24 se félicite des discussions en cours sur son évolution.
« Nous rĂ©affirmons l’importance cruciale du double objectif de mettre fin Ă l’extrĂȘme pauvretĂ© et de promouvoir une prospĂ©ritĂ© partagĂ©e, tout en aidant les pays en dĂ©veloppement Ă atteindre les objectifs de dĂ©veloppement durable. Outre le changement climatique, les conflits et la fragilitĂ©, ainsi que la prĂ©paration aux pandĂ©mies et leur prĂ©vention, nous avons exhortĂ© le Groupe de la Banque Mondiale Ă renforcer son appui pour l’accĂšs Ă l’eau et Ă l’Ă©nergie Ă un prix abordable, le dĂ©veloppement du capital humain, le dĂ©veloppement du numĂ©rique et la viabilitĂ© de la dette », a-t-il prĂ©cisĂ©.
Sâagissant du climat, tous les pays ont Ă©tĂ© exhortĂ©s Ă mettre en Ćuvre leurs contributions dĂ©terminĂ©es au niveau national dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat, et Ă augmenter les financements pour la lutte contre le changement climatique.
Sur les questions de fiscalitĂ©, l’importance de la coopĂ©ration internationale en matiĂšre fiscale a Ă©tĂ© prĂ©conisĂ©.
Cependant, selon le ministre, le G24 exprime son inquiĂ©tude face Ă la montĂ©e du protectionnisme commercial et Ă la lenteur des rĂ©formes du systĂšme commercial mondial. « Nous avons instamment demandĂ© que l’OMC soit soutenue en vue de mettre en place un systĂšme commercial multilatĂ©ral solide qui profite Ă tous, de sorte Ă renforcer la contribution du commerce Ă l’Ă©conomie mondiale », a-t-il relevĂ©.
Notons que depuis Octobre 2022, la CĂŽte d’Ivoire assure la prĂ©sidence du groupe des ministres chargĂ©s des Finances et des gouverneurs de banques centrales des pays dits G24.
SERCOM MEF





