Une évolution majeure se profile pour l’écosystème numérique ivoirien. La Côte d’Ivoire avance vers l’ouverture de la monétisation des contenus sur les plateformes de Meta, notamment Facebook et Instagram. Ce lundi 5 octobre 2026, le ministre de la Transition numérique et de la Digitalisation, Djibril Ouattara, a annoncé que le processus se trouvait désormais dans sa phase finale.

L’enjeu est considérable pour les créateurs ivoiriens : leur permettre de générer des revenus à partir de leurs contenus tout en exerçant leurs activités depuis la Côte d’Ivoire, sans devoir contourner les restrictions géographiques jusque-là rencontrées.

Selon les précisions données par Djibril Ouattara, les principaux obstacles techniques semblent avoir été franchis. Les tests conduits ces derniers mois afin de vérifier la compatibilité des infrastructures ont livré des résultats qualifiés de « concluants ».

Les discussions portent désormais sur les dernières conditions administratives et réglementaires nécessaires au déploiement officiel.

« Il reste maintenant à finaliser les conditions réglementaires avant le déploiement officiel », a indiqué le ministre.

L’annonce constitue une avancée importante, mais signifie également que la monétisation n’est pas encore officiellement déployée : la finalisation du cadre réglementaire demeure une étape préalable.

Le chantier, initié sous l’impulsion du président Alassane Ouattara, mobilise plusieurs institutions ivoiriennes.

Le ministère de la Transition numérique et de la Digitalisation travaille notamment avec le ministère du Commerce et de l’Industrie, le ministère de la Culture et de la Francophonie, la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) ainsi que les équipes de Meta.

Cette coordination interministérielle doit permettre d’encadrer le futur dispositif et de créer les conditions nécessaires à son déploiement.

L’ouverture annoncée concerne les plateformes du groupe Meta, notamment Facebook et Instagram.

Jusqu’ici, les restrictions géographiques liées à certains programmes de monétisation limitaient les possibilités de revenus directs pour des créateurs exerçant depuis la Côte d’Ivoire.

L’objectif annoncé par les autorités est donc de permettre aux talents locaux de monétiser leurs contenus dans un environnement officiellement reconnu et conforme au cadre national.

Pour le gouvernement, la question dépasse le simple accès à une fonctionnalité numérique. Elle touche directement à la reconnaissance économique des métiers de la création digitale.

« Créer du contenu, c’est un métier. Derrière, il y a de la créativité, de la valeur, des opportunités et des emplois. Nos créateurs doivent pouvoir en vivre pleinement, ici, en Côte d’Ivoire », a déclaré Djibril Ouattara.

L’ouverture de la monétisation pourrait ainsi concerner un large écosystème : créateurs vidéo, influenceurs, médias numériques, producteurs de contenus éducatifs, culturels ou de divertissement et autres professionnels de l’économie créative.

Après les validations techniques, l’attention se déplace donc vers la réglementation.

Djibril Ouattara affirme avoir rassuré les interlocuteurs impliqués dans le processus sur la capacité de la Côte d’Ivoire à faire évoluer son cadre réglementaire.

« Au cours de nos échanges, j’ai rassuré nos interlocuteurs quant à notre flexibilité concernant l’évolution de notre cadre réglementaire », a-t-il déclaré.

Cette étape sera déterminante, car elle devra permettre d’articuler les exigences des plateformes avec les règles ivoiriennes applicables aux activités numériques et à la création de contenus.

La perspective de la monétisation ouvre un enjeu économique plus large.

Pour des milliers de jeunes qui construisent déjà des audiences sur les réseaux sociaux, la création de contenus pourrait davantage évoluer d’une activité reposant essentiellement sur la visibilité vers un modèle économique susceptible de générer directement des revenus.

L’enjeu concerne également l’ensemble de la chaîne de valeur : production audiovisuelle, graphisme, montage vidéo, communication digitale, publicité, marketing d’influence et prestations techniques.

 

 

ABIDJAN, 5 octobre 2026

Mohamed Koné – AbidjanPress

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