Côte d’Ivoire : la diplomatie entre continuité d’État et nouvelle ambition stratégique
ABIDJAN — Sous les ors de la République et dans une atmosphère empreinte de solennité institutionnelle, la Côte d’Ivoire a officiellement tourné une page majeure de son action diplomatique.
La cérémonie de passation de charges au ministère des Affaires étrangères a marqué une transition à forte portée politique et stratégique, à un moment charnière du positionnement international du pays.
Présidée par Roger Charlemagne Dah, secrétaire général du gouvernement, la rencontre a réuni un parterre de haut niveau composé de membres du gouvernement, de représentants du corps diplomatique et de responsables d’organisations internationales — un cadre symbolique à la hauteur des enjeux portés par cette séquence institutionnelle.
Un bilan salué, une trajectoire assumée
Dans un discours empreint de gravité républicaine, le ministre sortant Léon Kacou Adom a exprimé sa reconnaissance au président Alassane Ouattara pour la confiance accordée durant ses trois années de mandat.
Il a dressé un bilan jugé positif, mettant en avant :
- la modernisation des infrastructures diplomatiques,
- le renforcement des relations bilatérales,
- la consolidation du rayonnement international de la Côte d’Ivoire.
Autant de piliers ayant structuré l’action extérieure ivoirienne récente.
Des chantiers stratégiques à poursuivre
Sans éluder les défis, Léon Kacou Adom a rappelé l’urgence de plusieurs dossiers structurants appelés à être poursuivis :
- la lutte contre l’immigration irrégulière,
- la préparation du Sommet de l’Union africaine, prévu à la mi-février 2026,
- la poursuite de la coordination diplomatique régionale et multilatérale.
Ces priorités inscrivent la diplomatie ivoirienne dans une logique d’anticipation, de responsabilité et de continuité d’État.
Nialé Kaba : une diplomatie de projection et d’influence
Nouvellement nommée à la tête de ce portefeuille stratégique, Nialé Kaba a affiché un sens élevé du devoir et une vision clairement assumée.
Rendant hommage à la rigueur de son prédécesseur, elle a dévoilé les grandes orientations de sa feuille de route, arrimée au Plan stratégique de la diplomatie ivoirienne 2026–2030.
Face à un environnement international marqué par :
- des crises géopolitiques persistantes,
- des enjeux climatiques croissants,
- une compétition accrue entre puissances,
la nouvelle ministre entend faire de l’influence ivoirienne un véritable levier de développement économique.
Les axes structurants de la nouvelle ambition diplomatique
La stratégie annoncée repose sur plusieurs piliers clés :
- le rayonnement international accru de la Côte d’Ivoire,
- le renforcement d’une coopération dynamique et mutuellement bénéfique,
- l’intégration africaine comme axe stratégique prioritaire,
- la protection des Ivoiriens de l’extérieur, qualifiée de mission capitale de l’État.
« La diplomatie doit être au service du développement, de la stabilité et de la dignité des citoyens ivoiriens, où qu’ils se trouvent. »
Une transition inscrite dans une recomposition gouvernementale plus large
Cette passation de charges s’inscrit dans le prolongement du remaniement ministériel du 23 janvier 2026, marqué par :
- la reconduction du Premier ministre Robert Beugré Mambé,
- la nomination de Téné Birahima Ouattara au poste de vice-Premier ministre.
Une architecture gouvernementale traduisant la volonté de l’exécutif de conjuguer :
- stabilité institutionnelle,
- expérience politique,
- efficacité administrative.
Une diplomatie ivoirienne à l’aube d’un nouveau cycle
En clôturant la cérémonie, Roger Charlemagne Dah a salué l’engagement des deux ministres et adressé ses vœux de plein succès à Nialé Kaba, l’invitant à porter haut les couleurs de la Côte d’Ivoire sur la scène internationale.
Entre héritage consolidé et ambition renouvelée, la diplomatie ivoirienne ouvre ainsi un nouveau cycle stratégique, observé de près par les partenaires régionaux et internationaux.
Par Mohamed Koné
Analyse diplomatique & gouvernance internationale
La Côte d’Ivoire opère une transition diplomatique stratégique, alliant héritage institutionnel solide et nouvelle ambition d’influence régionale et mondiale.
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Vision stratégique8.5





