Sénégal–Maroc : Ousmane Sonko dissocie les tensions sportives de la relation diplomatique
La constance diplomatique face à l’émotion sportive.
À l’heure où les passions sportives tendent parfois à déborder le cadre des stades, le Sénégal fait le choix de la stabilité institutionnelle. En déplacement officiel au Maroc, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a tenu à lever toute ambiguïté :
sa visite à Rabat ne relève ni d’une réaction aux incidents survenus lors de la finale de la CAN, ni d’un ajustement dicté par l’actualité sportive.
S’exprimant devant la communauté sénégalaise établie à Casablanca, en marge de son séjour officiel des 26 et 27 janvier, le chef du gouvernement a rappelé que ce déplacement était inscrit de longue date dans l’agenda diplomatique de l’État sénégalais.
En clair, la diplomatie ne se gouverne pas à l’émotion, mais à la continuité.
Une relation bilatérale jugée stratégique et mature
Pour Ousmane Sonko, reporter cette visite en raison d’incidents sportifs aurait envoyé un signal de fragilité, là où Dakar entend projeter une image de maturité institutionnelle.
« Le sport doit rester un sport »,
a-t-il martelé, insistant sur la nécessité de cloisonner passion sportive et relations d’État.
Le Premier ministre a rappelé que le Maroc figure parmi les rares partenaires avec lesquels le Sénégal entretient une coopération directe au niveau des chefs de gouvernement. Une relation qu’il qualifie d’historique, fondée sur :
- une confiance politique éprouvée,
- des échanges réguliers,
- et une lecture partagée des enjeux régionaux.
Un agenda diplomatique maintenu malgré le contexte
Au-delà des symboles, la visite s’inscrit dans une dynamique de relance concrète des mécanismes bilatéraux longtemps en veille.
Parmi les dossiers remis à l’ordre du jour figure notamment :
- la Commission mixte paritaire sénégalo-marocaine, inactive depuis 2013.
Cette séquence diplomatique prolonge les initiatives engagées lors du récent séjour à Rabat du ministre sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères.
Dans la même perspective, le président Bassirou Diomaye Faye est également attendu au Maroc dans les prochains mois, confirmant la volonté politique des deux États de consolider leurs relations à haut niveau.
Séparer le terrain sportif de l’arène diplomatique
Reconnaissant la récurrence d’incidents en marge de certaines compétitions sportives, Ousmane Sonko s’est montré catégorique :
ces débordements doivent rester confinés au cadre sportif et ne sauraient affecter les relations entre nations.
Les échanges bilatéraux, a-t-il précisé, portent sur des enjeux structurants :
- économie,
- développement,
- énergie,
- agriculture,
- éducation.
Ces discussions ont abouti à la signature d’accords jugés majeurs pour les deux pays.
Dans un contexte régional où chaque signal compte, le Sénégal affiche une diplomatie prévisible, stable et responsable.
Un message clair adressé à la diaspora sénégalaise
S’adressant directement aux Sénégalais vivant au Maroc, le Premier ministre a salué leur comportement globalement exemplaire, tout en appelant au maintien d’une discipline collective.
« Vous êtes les premières vitrines du Sénégal à l’étranger »,
a-t-il rappelé, soulignant la responsabilité particulière de la diaspora dans la préservation de l’image du pays.
Rappelant qu’il s’agissait de sa neuvième visite au Maroc, Ousmane Sonko a enfin insisté sur la profondeur des liens humains, historiques et politiques unissant les deux peuples, y compris sur des dossiers sensibles.
Par Mohamed Koné





