Réuni en congrès extraordinaire à El Jadida, le Rassemblement national des indépendants (RNI) a acté une transition politique sans surprise, mais hautement symbolique. Le parti au pouvoir a élu à l’unanimité Mohamed Chaouki à sa présidence, succédant à Aziz Akhannouch, dans un processus marqué par l’absence de rivalités internes et une volonté affirmée de stabilité.
Cette passation ordonnée s’inscrit dans un moment stratégique pour le Royaume. À l’horizon se profilent les élections législatives de 2026, mais aussi des projets structurants majeurs liés au cycle 2026–2030, notamment l’organisation de la Coupe du monde de football, ainsi que d’ambitieux programmes d’infrastructures, d’énergie et d’investissement. Dans ce contexte, le choix de la continuité apparaît comme un signal politique assumé.
Un profil de gestionnaire à dimension internationale
Mohamed Chaouki incarne un leadership orienté vers la gestion et l’expertise financière. Doté d’une solide expérience internationale dans la gestion de fonds et les marchés de capitaux, notamment en lien avec le Moyen-Orient et l’Afrique, il est perçu comme un interlocuteur crédible pour les investisseurs institutionnels, les bailleurs de fonds et les partenaires économiques du Maroc.
Son parcours renforce l’image d’un parti qui privilégie la discipline budgétaire, la lisibilité économique et la capacité de pilotage, à l’heure où l’environnement régional et mondial demeure marqué par de fortes incertitudes géopolitiques et financières.
Une autorité parlementaire au service de l’exécution
Sur le plan institutionnel, Mohamed Chaouki s’est imposé comme un acteur central du dispositif parlementaire. Ancien président de la Commission des finances, organe clé du contrôle budgétaire et de l’évaluation des politiques publiques, il a exercé ses responsabilités dans un contexte de contraintes macroéconomiques accrues.
En tant que président du groupe parlementaire du RNI, il assure également la coordination législative de la majorité, facilitant la traduction des orientations gouvernementales en décisions concrètes. Ces fonctions ont contribué à façonner son image d’homme d’exécution, attaché à la cohérence budgétaire et à la continuité de l’action publique.
La « force tranquille » comme ligne de gouvernance
La transition opérée au sein du RNI est largement analysée comme l’expression d’une « force tranquille » : une méthode de gouvernance fondée sur la prévisibilité, la maîtrise du temps politique et l’évitement des ruptures brutales. L’élection d’un candidat unique, sans compétition interne, traduit une volonté claire de préserver l’équilibre de l’appareil partisan à l’approche d’échéances sensibles.
Dans cette logique, le congrès a validé la prolongation des mandats des structures régionales et provinciales au-delà de 2026. Une décision interprétée comme un moyen de neutraliser les tensions internes et de maintenir une organisation politique pleinement opérationnelle.
Un message de stabilité adressé à l’Afrique et aux partenaires internationaux
Dans un contexte africain marqué par des transitions politiques parfois chaotiques, la séquence d’El Jadida envoie un message de stabilité et de continuité. Pour les partenaires africains du Maroc, engagés dans des projets communs dans les domaines financier, énergétique et infrastructurel, cette prévisibilité constitue un facteur clé de confiance.
À l’aube du cycle 2026–2030, l’accession de Mohamed Chaouki à la tête du RNI reflète ainsi la priorité accordée par le Maroc à une gouvernance fondée sur la rigueur, la capacité d’exécution et la continuité stratégique, dans un environnement géopolitique et économique en profonde mutation.
Par Zeinab Dosso





