Longtemps perçu comme une source de tensions liées à des litiges multiples, le foncier rural est aujourd’hui devenu un véritable levier de cohésion sociale et de paix en Côte d’Ivoire.
Cette transformation profonde porte la marque d’une stratégie volontariste de sécurisation foncière, méthodiquement conduite par l’Agence Foncière Rurale (AFOR).
Un changement de cap engagé sous l’impulsion du ministre Bamba Cheick Daniel, depuis son avènement à la tête de cette institution.
Adoptée le 23 décembre 1998, la loi relative au domaine foncier rural a connu plusieurs amendements visant à renforcer la sécurité foncière. Cette dynamique a été amplifiée par le Programme National de Sécurisation Foncière Rurale (PNSFR), qui ambitionne de sécuriser près de 23 millions d’hectares du domaine rural de 2023 à 2033.
À ces efforts s’ajoutent plusieurs projets structurants .À savoir le Programme d’Appui au Foncier Rural (PAFR),le PAMOFOR (Projet d’Amélioration et de Mise en Œuvre de la Politique Foncière Rurale),PRESFOR (Programme de Renforcement de la Sécurisation Foncière Rurale) et PASFOR (Programme d’Appui à la Sécurisation Foncière Rurale).
Une embellie en seulement 8 ans
Autant d’initiatives qui ont produit des résultats stratosphériques , présentés ce mardi devant le Conseil Economique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC), à l’occasion de sa 2ᵉ session ordinaire.
Au cours de sa conférence, le ministre Bamba Cheick Daniel, intervenant sur le thème « AFOR et sécurisation foncière : acquis, défis et perspectives », a dévoilé des avancées spectaculaires . »Jusqu’en 2017 ,nous avions 284 villages délimités et bornés et 0 arrêté ministériel.Au 30 septembre 2025 ,nous enregistrons 5 385 villages délimités et bornés et 2 316 arrêtés ministériels signés pour une cible de 8 631 villages »,fait savoir le Ministre BAMBA Cheick Daniel qui poursuit. » Jusqu’en 2017 ,nous avions 4000 certificats fonciers délivrés.Au 30 septembre 2025 ,nous sommes à 61 353 certificats fonciers délivrés…Pour ce qui est des contrats agraires ,jusqu’en 2017 ,il n’ y avait aucun signé mais au 30 septembre 2025 ,nous sommes à 59 915 contrats agraires signés »
3 conventions majeures et déjà 3000 emplois
À cela ,s’ajoutent 3 Conventions de partenariat avec l’université Alassane Ouattara de Bouaké, l’Institut National de Formation Professionnelle Agricole (INFPA) et l’Ecole Supérieure d’Agronomie (ESA) de l’Institut National Polytechnique Houphouët-Boigny (INP-HB). »l’AFOR a signé des conventions avec l’Ecole Supérieure d’Agronomie de l’INPHB, l’Université Alassane OUATTARA et l’Institut National de Formation Professionnelle Agricole. Ce partenariat a permis de former 686 dont 265 filles (39%) et 421 garçons (61%) sur la période 2018-2025″ a fait savoir le Directeur Général de l’AFOR qui ajoute. » 27 099 acteurs ont formés dont plus de 30% de femmes sur la période 2018-2025. »
Mieux ” L’AFOR a créé de plus de 3.000 emplois directs et indirects en lien avec le foncier, au profit des jeunes des régions concernées par les projets. A l’horizon 2029, plus de 10.000 jeunes seront ainsi insérés dans le tissu professionnel grâce au partenariat conclu entre l’AFOR, l’Agence Emploi Jeunes et les opérateurs fonciers »,a indiqué le Ministre BAMBA Cheick Daniel.
Des innovations saluées
Dans sa quête de modernisation, l’AFOR a introduit plusieurs innovations majeures, parmi lesquelles : L’approche intégrée de sécurisation foncière » composée d’un ensemble d’activités cohérentes et complémentaires qui concourent, ensemble, à la sécurité foncière en milieu rural » et l’approche systématique « qui désigne le fait de prendre en considération, de manière exhaustive, toutes les parcelles et toutes personnes détentrices d’un droit foncier au sein du village » .

Il faut également compter avec l’ingénierie socio-foncière qui vise à » opérationnaliser le Comité Villageois de Gestion Foncière Rurale, sensibiliser et informer les acteurs villageois, instaurer un dialogue communautaire et/ou intercommunautaire permettant aux communautés locales de s’entendre sur les règles d’accès au certificat foncier ou au contrat foncier » sans oublier le DIGIFOR qui est un » outil de dématérialisation des liasses foncières. Cet outil vise à faciliter la collecte des données foncières par les Opérateurs Fonciers »
À ces innovations, il faut ajouter le Système d’Information du Foncier Rural (SIFOR).Il se définit comme « le registre foncier rural officiel en matière de données foncières rurales numériques. Il recueille généralement toute information géographique ou géospatiale détenue par l’ensemble des administrations compétentes, ainsi que les décisions de justice en matière foncière rurale ».

Séduits par ces avancées, les conseillers économiques et sociaux, avec à leur tête le président Dr Aka Aouélé, ont chaleureusement félicité le ministre Bamba Cheick Daniel et ses équipes.Me Adama Kamara, ministre de l’Emploi et de la Protection Sociale, représentant le ministre d’État, Kouassi Adjoumani, a salué « l’efficacité et la rigueur » du Directeur général de l’AFOR ,le ministre BAMBA Cheick Daniel. « Grâce au PNSFR, tu as sécurisé le patrimoine foncier rural de plusieurs milliers d’Ivoiriens. Merci pour les importants sacrifices rendus à la nation. »

Malgré les acquis majeurs, plusieurs défis persistent. Mais l’AFOR pourra compter sur l’accompagnement du CESEC pour poursuivre la consolidation de la paix foncière au bénéfice du monde rural.
Michaël KOUAKOU





