Ce jeudi 14 août 2025, au siÚge du Conseil régional du Cavally à Guiglo, la deuxiÚme journée du Forum du Grand Ouest pour la Paix, était consacrée à la réflexion scientifique. Deux panels notamment ont enrichi les réflexions au cours de cette journée. LâAFOR a activement pris part au premier panel dont le thÚme évocateur « Gouvernance du foncier rural dans un contexte de tensions communautaires : leviers pour une paix durable», ne lui laissait aucune autre alternative.

Empêché, le Ministre BAMBA Cheick Daniel a instruit MM. Mathias KOFFI, Directeur des Opérations Techniques, et Cyrille SÃTY, Responsable de la Communication et de lâInformation, à lâeffet de porter la voix de lâAFOR au cours de cette importante rencontre dâéchanges sur la gestion apaisée du foncier rural dans le grand ouest, et au-delà , dans toutes les régions de la CÃŽte dâIvoire. Le premier cité était lâun des panelistes, et le second, faisait office de modérateur.


Devant une assistance de qualité, composée de deux membres du Gouvernement, la Ministre dâEtat Anne-Désirée OULOTO, la Ministre de la Cohésion Nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté, Mme Belmonde Myss DOGO, deux Préfets de région, du Cavally et du Worodougou, le Président du COJEP, M. Charles BLà GOUDÃ, des universitaires, élus et cadres, des têtes couronnées, garants des us et coutumes, M. Mathias KOFFI, au cours des échanges qui ont suivi son exposé, a plaidé auprÚs du Conseil Régional, à lâeffet dâorganiser des sessions de formation en langues locales, destinées aux têtes couronnées.

Avec pour objectif de mieux faire comprendre le rÃŽle prépondérant que la loi octroie aux Comités Villageois de Gestion FonciÚre Rurale (CVGFR), notamment dans la reconnaissance démocratique du droit foncier coutumier à lâéchelle du village.
« Toutes les fois que nous venons ici, câest la même préoccupation qui revient. Le certificat foncier ne doit pas être délivré aux migrants mais uniquement aux autochtones. Il faut que nos parents comprennent que nous ne travaillons pas en dehors de la loi. Et cette loi dit que le certificat foncier est délivré à toute personne détentrice de droits fonciers coutumiers au terme dâune enquête officielle. Que cette personne soit autochtone ou venue dâun autre pays ou dâune autre région de la CÃŽte dâIvoire, si lâenquête confirme ses droits, le certificat foncier lui est délivré», a-t-il expliqué dans un premier temps.

« DeuxiÚmement, ce nâest ni lâAFOR ni le Préfet encore moins Mme la Ministre dâEtat, qui décide à qui on doit donner le certificat foncier. Câest vous les populations qui avez le pouvoir de décision. Réunies au sein des comités villageois, toutes les demandes de certificats fonciers passent par vous. Câest votre décision que lâAFOR et les Préfets valident. Voici ce que dit la loi. Rien dâautre ne se fait», a ajouté le Directeur des Opérations Techniques de lâAFOR.

M. Mathias KOFFI a ensuite fait un plaidoyer auprÚs de Mme la Ministre dâEtat Anne-Désirée OULOTO, Présidente de la région du Cavally, afin que le Conseil régional sâimplique pour lâorganisation de campagnes de sensibilisation de proximité, en langues locales, qui permettraient aux têtes couronnées de mieux comprendre la loi et de se lâapproprier résolument.

Il a rappelé que si cette loi était si mauvaise que certains voudraient le faire croire, elle nâaurait pas été votée à lâunanimité par les députés en 1998, aprÚs une large consultation des populations de toutes les régions du pays. AprÚs avoir longuement parlé du nouveau paradigme en matiÚre de gestion fonciÚre rurale depuis lâavÚnement de cette loi, qui reconnaît le droit foncier coutumier, il a exposé le contenu du PRESFOR.
Ce programme, trÚs ambitieux, qui couvre les trois régions du grand ouest, le Tonkpi, le Guémon et le Cavally. M. KOFFI a souligné quâil ne faut malheureusement pas utiliser le cadre du PRESFOR, pour remettre en cause toutes les transactions fonciÚres qui ont eu lieu par le passé.

Lâun des panelistes, le Préfet Karim DIARRASSOUBA, anciennement Préfet de Toulepleu et actuel Préfet de la région du Worodougou, Préfet du département de Séguéla, a publiquement mis les têtes couronnées devant leurs responsabilités. Il a insisté sur le fait que les tensions constatées dans le domaine foncier rural, sont principalement le fait des têtes couronnées, qui ne respecteraient pas les dispositions pertinentes de la loi de 1998.
Pour ce faire, il a recadré les interventions des panelistes, qui devraient selon lui, ne pas sâécarter des contenus du Programme National de Sécurisation FonciÚre Rurale et du PRESFOR, deux programmes trÚs avantageux pour les populations.

En clair, les interventions du Prof. DION Simplice Yodé, du Préfet Karim DIARRASSOUBA, de M. Mathias KOFFI, du Dr KOUASSI Kouadio Ãdouard (sociologue), du chef de terre de Duékoué, M. PEKAOU Franck Roland, et du Dr Ibrahim LOKPO, Maire de Saïoua, ont mis en lumiÚre le rÃŽle central des chefs traditionnels dans la prévention des conflits liés au foncier rural.

Le constat est sans équivoque : la mauvaise gestion des terres est lâune des causes majeures des tensions dans les régions du grand ouest, régions pourtant de fortes migrations. Des cessions de terres sans précaution par certains tuteurs alimentent les conflits.

Intervenant au terme du panel, Mme Anne-Désirée OULOTO a annoncé lâorganisation prochaine dâun séminaire de formation exclusivement dédié aux chefs de cantons, de villages et de communautés du pays Wê, afin de clarifier les rÃŽles et responsabilités de chaque partie. Elle a souligné que la paix ne sera pas possible, tant quâune bonne gestion du foncier ne sera pas assurée. « Câest pourquoi nous devons adopter une approche participative et inclusive, car la loi sur le foncier rural démocratise le processus de reconnaissance des droits fonciers coutumiers avec un rÃŽle majeur accordé aux chefs et aux populations», a-t-elle conclu, non sans apporter son soutien à lâAFOR.

Ouvert le mercredi 13 août par une grande procession pour la paix, le Forum du Grand Ouest pour la paix sâachÚve ce samedi 16 août 2025.
DIRCOM AFOR








