ABIDJAN — À quelques jours de la 10ᵉ édition des Journées nationales du cacao et du chocolat (JNCC), prévue les 30 septembre et 1ᵉʳ octobre 2026 à Abidjan, le marché mondial du cacao retrouve de la vigueur. Une évolution particulièrement scrutée en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, alors que la filière prépare l’ouverture de la campagne 2026-2027.

Placée sous le thème « Jeunesse et cacaoculture du futur », cette édition des JNCC intervient dans un environnement international marqué par un rebond des cours, mais aussi par des incertitudes persistantes sur la production et l’équilibre entre l’offre et la demande.

Selon les derniers indicateurs de l’Organisation internationale du cacao (ICCO) publiés le vendredi 28 août 2026, les ventes à terme sur le marché mondial ont enregistré une nette reprise.

À la Bourse de New York, les contrats à terme ont grimpé à 7 121,67 dollars, soit environ 3,995 millions de FCFA la tonne, contre 6 199 dollars la veille.

La dynamique est également haussière à Londres, où la tonne de cacao s’est établie à 4 940,67 livres sterling, soit environ 3,779 millions de FCFA, contre 4 569 livres sterling la veille.

Le prix quotidien de référence de l’ICCO s’est, lui, établi à 6 709,86 dollars, représentant environ 3,788 millions de FCFA, contre 6 204,94 dollars précédemment.

Ce rebond intervient après un trimestre avril-juin 2026 durant lequel le marché est resté particulièrement sensible aux variations de la demande, aux conditions météorologiques et aux risques pesant sur la production dans les principaux bassins cacaoyers d’Afrique de l’Ouest.

Cette volatilité demeure stratégique pour la Côte d’Ivoire et le Ghana, qui occupent une place centrale dans l’approvisionnement mondial en fèves de cacao.

Pour la saison 2024-2025, l’ICCO estime que la production mondiale brute a progressé de 8,5 %, pour atteindre 4,733 millions de tonnes.

Dans le même temps, les broyages mondiaux auraient reculé de 3,3 %, à 4,649 millions de tonnes.

Cette évolution ferait apparaître un excédent mondial estimé à 37 000 tonnes, tandis que les stocks de fin de saison auraient augmenté d’environ 3 %, pour atteindre 1,309 million de tonnes.

Le ratio stocks/broyage serait ainsi porté à 28,2 %.

À l’approche de la nouvelle campagne, la question du revenu des producteurs reste particulièrement sensible.

Le Conseil du café-cacao avait maintenu le prix d’achat bord champ à 2 800 FCFA le kilogramme pour la campagne principale 2025-2026, un niveau prévu jusqu’au 31 mars 2026.

Mais l’évolution défavorable du marché international à l’ouverture de la campagne intermédiaire avait compliqué les opérations des exportateurs ivoiriens, certains estimant le prix réglementaire difficilement soutenable face à des cours internationaux plus faibles.

Le rebond actuel du marché sera donc observé avec attention alors que la filière se prépare à entrer dans une nouvelle campagne.

La campagne à venir doit également marquer une évolution structurelle importante : la carte du producteur deviendra l’unique sésame obligatoire pour tout achat de cacao.

Cette réforme vise notamment à renforcer la traçabilité des fèves ivoiriennes et à mieux structurer les transactions au sein de la filière.

Dans un contexte international où les exigences de traçabilité, de durabilité et de conformité environnementale occupent une place croissante, ce dispositif pourrait devenir un instrument stratégique pour préserver la compétitivité du cacao ivoirien.

Les JNCC des 30 septembre et 1ᵉʳ octobre constitueront ainsi un rendez-vous particulièrement attendu.

Au-delà de la célébration de la filière, les discussions devraient être dominées par les perspectives de la campagne 2026-2027, la rémunération des producteurs, la transformation locale, la traçabilité et la capacité à attirer une nouvelle génération vers la cacaoculture.

Le thème « Jeunesse et cacaoculture du futur » place justement la relève générationnelle au centre des enjeux.

 

 

ABIDJAN, 01 septembre 2026

Mohamed Koné – AbidjanPress

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