Abidjan,le 22 septembre 2023(MEF)-La 9Úme édition du Forum des affaires internationales ou International Business Forum MAKUTANO (ârencontreââ en langue Swali), premier réseau dâaffaires dâAfrique centrale, sâest tenue du 20 au 21 septembre au Sofitel HÃŽtel Ivoire dâAbidjan. Une toute premiÚre délocalisation de ce rendez-vous hors de la République démocratique du Congo (RDC) et de la sous-région qui témoigne du renforcement de la coopération entre ce pays et la CÃŽte dâIvoire.
Les panels au programme de la 1Úre journée dudit forum ont pris fin par un âsalon de conversationââ, aprÚs lâallocution dâouverture du Premier ministre ivoirien Patrick Achi dans la matinée du mercredi 20 septembre ainsi que les discours de son homologue congolais Jean-Michel Sama Lukonde et de la fondatrice du réseau MAKUTANO, Nicole Sulu.
Précédé dâune introduction du PDG de lâagence de notation financiÚre Bloomfield Investment Corporation, Stanislas Zézé, ce âsalon de conversationââ modéré par Marc Wabi, managing partner Deloitte CÃŽte dâIvoire, a été coanimé par le Ministre ivoirien de lâEconomie et des Finances, Adama Coulibaly, et son collÚgue de la RDC, Nicolas Kazadi. Ledit âsalonââ a porté sur le thÚme « Risque pays et performances économiques ».
Dans son intervention, le Ministre Adama Coulibaly a partagé lâexpérience du succÚs économique de son pays depuis ces derniÚres années , en mettant en exergue quelques leviers essentiels. Ainsi, il a rappelé que la CÃŽte dâIvoire a fait dâénormes progrÚs au niveau notamment du climat des affaires, en élaborant au sortir de la crise de 2010-2011 un code des investissements attractif, qui accordait beaucoup dâexonérations aux investisseurs. Ce qui avait valu à la CÃŽte dâIvoire dâêtre classé au rang des pays les plus réformateurs dans le rapport Doing Business de la Banque mondiale. Aujourdâhui, a-t-il poursuivi, le climat des affaires étant assaini, au lieu de lâexonération, la CÃŽte dâIvoire a décidé mettre lâaccent sur les mécanismes susceptibles de garantir et de renforcer la protection lâinvestisseur . Parce que nos analyses nous ont indiqué que ce sont ces éléments qui constituent désormais la priorité et la motivation des investisseurs. Concernant lâépineuse problématique du financement, Ministre ivoirien a souligné que des financements existent mais que les conditions se sont durcies sur le marché international depuis la Covid-19, la guerre en Ukraine et les autres crises. En raison de cette situation, trÚs peu de pays ayant la possibilité de se financer sur le marché des capitaux internationaux, il faut sâorienter vers les financements domestiques (ressources fiscales, non fiscales, les placements sur les produits financiers et autres).

Relativement au risque-pays, le Ministre Adama Coulibaly a rappelé que « La CÃŽte dâIvoire est noté aujourdâhui par trois agences majors : Standard and poorâs, Fitch et Moodysâs. La CÃŽte dâIvoire est parmi les pays les mieux notés par ces agences. En termes de Risque pays de lâOCDE également, sur une échelle de 1 à 7, la plupart des pays africains sont notés entre 6 et 7, câest-à -dire les risques les plus élevés. La CÃŽte dâIvoire a réussi à baisser son Risque pays de 6 à 5. (âŠ) Il est donc important de pouvoir travailler sur les questions de notation financiÚre, mais également à réduire le Risque pays qui a un impact sur le cours des emprunts », a-t-il ajouté.
Faisant suite à une question sur la bonne appréciation par les bailleurs de fonds de lâutilisation des Finances publiques, le Ministre Adama Coulibaly a rappelé que la CÃŽte dâIvoire a mis trÚs tÃŽt en place un Plan national de développement (PND) quinquennal qui constitue le réceptacle des priorités du gouvernement. « Tout investissement doit être inscrit dans le PND. (âŠ) Le PND a été fait pour rationnaliser les investissements à faire », a-t-il dit. Il a ensuite expliqué que depuis 2020, la CÃŽte dâIvoire a adopté un mode de gestion du budget appelé le budget-programme. Désormais, a fait savoir le Ministre à ce titre, lâon passe dâune obligation de moyens dans certaines administrations, à une obligation de résultats. Ainsi, les ressources budgétaires sont allouées selon des programmes évalués en fonction des indicateurs prédéfinis dâaccord partie entre lâordonnateur et celui qui exécute. « Câest lâune des expériences que nous pouvons partager ici. Les dépenses publiques sont importantes. Elles doivent être gérées de la façon la plus rigoureuse possible », a tenu à noter le Ministre ivoirien de lâEconomie et des Finances.
Le dernier volet de son intervention en vue de partager lâexpérience de la CÃŽte dâIvoire avec la RDC concerne la digitalisation de lâadministration. A ce sujet, le Ministre Adama Coulibaly a précisé quâau niveau du Trésor Public ivoirien, un progiciel a été développé pour assurer la traçabilité et la fiabilité des transactions faites par les comptables publiques au moment de la dépense publique. Il a en outre révélé quâun SystÚme de gestion automatisé du compte unique du Trésor a été créé pour une centralisation automatique qui permet dâavoir une visibilité trÚs nette et en temps réel des avoirs de lâEtat. Dâautres systÚmes de digitalisation tels que le e-impÃŽts ont été cités par le Ministre pour insister sur la volonté de la CÃŽte dâIvoire de poursuivre la digitalisation de son administration en vue dâatteindre « lâobjectif 0 papier ».
Pour sa part, le Ministre des Finances de la RDC, Nicolas Kazadi, a souligné que son pays, avec sa conférence Risque pays qui est à sa 2Úme édition, sâinspire beaucoup de la CÃŽte dâIvoire. Il a enfin tenu à noter que le modÚle de digitalisation du Trésor Public de la RDC emboîte également le pas à la CÃŽte dâIvoire.
SERCOM MEF







