ABIDJAN — Comment préparer les jeunes talents africains à prendre demain les commandes de secteurs aussi stratégiques que les infrastructures ? Au Salon des infrastructures d’Abidjan (SIA) 2026, Porteo BTP a placé cette question au cœur de sa participation en organisant un hackathon destiné aux étudiants de la filière BTP.
Organisée lors de la 5ᵉ édition du SIA, tenue du 17 au 19 septembre 2026 au Parc des expositions d’Abidjan, l’initiative traduit la volonté du groupe de rapprocher davantage formation, innovation technologique et besoins réels des entreprises.
Partenaire du SIA, Porteo BTP a organisé un hackathon à destination des étudiants du secteur.
L’objectif : identifier et stimuler les compétences capables d’accompagner la transformation technologique des métiers des infrastructures.
Selon Gérard Kouassi, directeur général du secteur des infrastructures en Côte d’Ivoire et premier vice-président du GIBTP, l’importance stratégique du concours dépasse la seule dimension compétitive.
Le groupe à l’origine du hackathon a notamment récompensé le premier prix à hauteur de 700 000 FCFA.
Pour Gérard Kouassi, l’intérêt du concours réside avant tout dans sa capacité à faire émerger une nouvelle génération de professionnels capables d’intégrer les évolutions technologiques du BTP.
« Ce prix que nous décernons vise à encourager la jeunesse à s’engager dans les métiers des travaux publics », explique-t-il.
Le responsable insiste notamment sur l’évolution rapide des métiers sous l’effet du numérique.
Intelligence artificielle, nouvelles technologies et outils numériques modifient progressivement les méthodes de conception, de réalisation et de gestion des infrastructures.
L’enjeu consiste donc à préparer les futurs ingénieurs et techniciens à maîtriser ces transformations.
Pour Porteo BTP, l’apprentissage des métiers traditionnels ne suffit plus.
« Au regard des défis de durabilité de nos ressources, les jeunes seront les plus aptes à capter les nouvelles technologies devenues indispensables dans notre métier », souligne Gérard Kouassi.
Le dirigeant cite notamment les TIC et l’intelligence artificielle, qui occupent une place croissante dans l’évolution du secteur.
Il estime également que l’avenir appartient à des professionnels capables d’associer compétences techniques, capacité d’innovation et engagement.
Le groupe veut également faire évoluer la perception des carrières dans les infrastructures.
Pour Gérard Kouassi, l’entreprise ne recherche pas uniquement des diplômés.
« Au-delà des diplômes, je privilégie l’engagement. Un diplôme doit s’incarner sur le terrain en jouant pleinement son rôle d’ingénieur ou de technicien. C’est là une vraie valeur créée », affirme-t-il.
Porteo BTP indique ainsi vouloir contribuer à la formation d’une nouvelle génération de professionnels capables de transformer les connaissances académiques en solutions concrètes sur les chantiers.
Le directeur général appelle parallèlement à une meilleure valorisation des compétences africaines dans les grands projets d’infrastructures.
Selon lui, certaines entreprises du continent disposent déjà de savoir-faire permettant de répondre à des projets complexes.
Il plaide donc pour une meilleure implication des entreprises et compétences locales, notamment lorsque les projets sont réalisés sur le continent africain.
L’objectif affiché : favoriser davantage la création de valeur localement et renforcer progressivement l’autonomie technique du secteur.
Le développement des infrastructures ne peut toutefois être dissocié des réalités géographiques et urbaines du continent.
Avec l’urbanisation rapide et la transformation progressive des villes, les entreprises doivent concevoir des infrastructures plus adaptées, optimiser leurs processus et maîtriser davantage les coûts.
Pour Porteo BTP, cette évolution nécessite de conjuguer innovation, expertise technique et connaissance du terrain.
Malgré les innovations technologiques et la montée en compétence des entreprises, un obstacle majeur demeure : le financement des infrastructures.
Gérard Kouassi rappelle que les banques et institutions financières jouent un rôle déterminant dans la concrétisation des grands projets.
Il évoque notamment les investissements nécessaires dans les routes, les barrages et d’autres infrastructures structurantes.
Cette problématique s’inscrit dans un contexte où les besoins de financement des infrastructures restent considérables, notamment dans le cadre des ambitions du PND 2026-2030.
Profitant de la tribune du SIA, Gérard Kouassi a également adressé un message aux pouvoirs publics.
Il souhaite notamment que les acteurs nationaux disposent de davantage d’opportunités pour participer aux projets d’infrastructures et contribuer à leur financement.
Le responsable plaide ainsi pour un écosystème associant État, entreprises, institutions financières, établissements de formation et jeunes talents.
Pour Gérard Kouassi, l’édition 2026 du Salon des infrastructures d’Abidjan a dépassé les attentes.
Il estime notamment que la présence des principaux acteurs du secteur ainsi que l’implication des autorités ont contribué à la réussite de l’événement.
Le prochain rendez-vous est déjà annoncé : la 6ᵉ édition du SIA est prévue en 2028.
ABIDJAN, 21 septembre 2026
Mohamed Koné – AbidjanPress








