Le gouvernement ivoirien a officiellement adopté, ce 6 mai 2026, une ordonnance portant dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), mettant fin à plus de deux décennies d’existence de l’organe chargé des élections en Côte d’Ivoire.

 

Créée en octobre 2001, la CEI s’était imposée comme l’institution centrale du système électoral ivoirien. Chargée de l’organisation des élections, de la supervision des référendums et de la gestion des processus électoraux nationaux, elle a accompagné les grandes séquences politiques du pays, des alternances démocratiques aux crises électorales les plus sensibles.

Selon le gouvernement, cette dissolution vise à tirer les leçons du cycle électoral 2020-2025, à réduire les contestations récurrentes et à restaurer durablement la confiance dans les mécanismes électoraux. Les autorités affirment vouloir garantir des scrutins plus apaisés et plus crédibles.

 

Au fil des années, la CEI a toutefois fait l’objet de critiques persistantes de la part de l’opposition politique, de la société civile et de plusieurs organisations citoyennes. Les débats portaient notamment sur sa composition, son indépendance et la transparence des opérations électorales.

 

Le gouvernement insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas simplement de supprimer l’institution existante, mais de préparer une nouvelle architecture électorale ainsi qu’un nouvel organe de gestion des scrutins. L’objectif affiché est de rassurer l’ensemble des acteurs politiques et les citoyens.

 

L’annonce de cette dissolution intervient symboliquement à Assinie, au moment du dernier atelier interne de la CEI consacré à la clôture des opérations électorales 2024-2025. Cette réunion apparaît désormais comme l’ultime séquence institutionnelle d’un organe qui aura marqué l’histoire politique contemporaine ivoirienne.

 

Au-delà de sa portée administrative, cette décision ouvre une phase de recomposition du pacte démocratique ivoirien. Plusieurs interrogations demeurent quant à la composition du futur organe électoral, son équilibre politique et son niveau réel d’indépendance.

 

Le gouvernement devra désormais concevoir une institution crédible, inclusive, techniquement solide et politiquement acceptable afin d’éviter toute résurgence des tensions électorales passées.

 

La question centrale reste celle de la confiance. Au-delà des textes et des structures, la stabilité démocratique dépendra de la capacité du futur système à convaincre les citoyens de l’intégrité du processus électoral.

 

Une institution disparaît, un système reste à reconstruire et une nouvelle étape politique s’ouvre désormais pour la Côte d’Ivoire.

 

 

 

ABIDJAN, 6 mai 2026

Mohamed Koné – AbidjanPress

Part.