Grand-Bassam, ville historique classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, a marqué un temps d’arrêt ce vendredi 1er mai 2026 à l’occasion de la célébration de la Fête du Travail. Une tribune que le directeur départemental du Travail de Grand-Bassam, Coulibaly Obeton, a mise à profit pour interpeller fermement les employeurs sur la nécessité d’immatriculer l’ensemble de leurs travailleurs à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS).
Autorités administratives, politiques, traditionnelles, guides religieux et responsables des centrales syndicales se sont réunis dans la cour de la préfecture de Grand-Bassam, sous la présidence de Mme Bah Sylvie, secrétaire générale de préfecture, représentant Mme le préfet, Traoré née Moïse-Henri Imelda Marguerite Marie Dossou.
La CNPS, une obligation légale
Ouvrant la série des allocutions, Coulibaly Obeton n’a pas usé de détours pour rappeler aux employeurs leurs responsabilités .« Pour cette année, nous demandons à tous les acteurs de faciliter, sinon de respecter cette obligation légale qu’est la déclaration des employés à la CNPS, afin qu’en cas de sinistre, la couverture sociale puisse effectivement s’appliquer », a-t-il insisté.
Le directeur départemental du Travail a également mis l’accent sur le Régime social des travailleurs indépendants (RSTI), invitant les journalistes, footballeurs, artisans, acteurs culturels et autres travailleurs non salariés à y adhérer afin de bénéficier d’une couverture sociale adaptée.
Le BTP sous haute surveillance
Cette édition 2026 a accordé une attention particulière au secteur du bâtiment et des travaux publics, l’un des plus exposés aux accidents professionnels.« Dans le BTP, il y a des dangers à identifier et des risques à évaluer. Quelle que soit la nature du chantier, même pour la construction d’une simple terrasse, il faut anticiper les risques », a prévenu Coulibaly Obeton.
L’administrateur en chef du Travail et des Lois sociales a exhorté employeurs et travailleurs à faire de la sécurité une priorité absolue :« Il faut aller au travail en bonne santé et en revenir vivant », a-t-il martelé.
Face à la multiplication des accidents mortels dans ce secteur, il a plaidé pour une sensibilisation accrue et une application rigoureuse des normes de sécurité.
Les syndicats exposent leurs préoccupations
Tour à tour, les représentants des centrales syndicales ont dressé l’état des lieux des difficultés rencontrées par les travailleurs, notamment la cherté de la vie, la précarité de l’emploi et le non-respect de certaines dispositions légales.
Parmi les organisations présentes figuraient HUMANISME, l’UNATRCI, représentée à Grand-Bassam par Kouassi Félix, et la FESACI-CG, conduite par son secrétaire général, Yapo Oswald.
Ce dernier a particulièrement dénoncé la situation des producteurs de cacao, confrontés au non-respect du prix officiel de 2 800 FCFA le kilogramme dans plusieurs localités .« Nous souhaitons travailler en parfaite collaboration avec les forces vives de Bassam et de Bonoua, dans le strict respect des lois, afin que les abus cessent et que les droits des travailleurs soient pleinement respectés », a déclaré Yapo Oswald.
Il a également appelé les travailleurs non syndiqués à rejoindre les organisations syndicales afin de mieux défendre leurs intérêts.
Vie chère, foncier et transport au cœur des revendications
Pour sa part, Kouassi Félix, représentant de l’UNATRCI, a attiré l’attention des autorités sur la flambée continue du coût de la vie, l’augmentation des tarifs du transport, les litiges fonciers ainsi que le prix du carburant.
Autant de préoccupations qui, selon lui, affectent lourdement le quotidien des populations.
Au nom du préfet, Mme Bah Sylvie a rendu un vibrant hommage aux travailleurs du département .« Vous êtes la force motrice de l’économie locale et nationale. De l’ouvrier agricole au cadre industriel, de l’artisan au commerçant, votre dévouement constitue le socle du développement », a-t-elle salué.
Elle a rappelé que la Fête du Travail symbolise les conquêtes sociales obtenues grâce aux luttes syndicales et demeure un moment privilégié de dialogue social.
Insistant sur les enjeux liés à l’urbanisation croissante et à la multiplication des chantiers, elle a lancé un appel appuyé aux acteurs du secteur immobilier et du BTP.« La sécurité au travail n’est pas une option, c’est une obligation légale. Aucune urgence ne justifie de mettre une vie en péril », a-t-elle affirmé.
Mme Bah Sylvie a enfin assuré les travailleurs que leurs doléances seront fidèlement transmises au gouvernement.
Des revendications toujours d’actualité
Au fil des années, la célébration du 1er Mai demeure un rendez-vous majeur d’expression des attentes du monde du travail.
Si des avancées sont enregistrées, les préoccupations restent nombreuses. Entre espoirs, revendications et appels à davantage de justice sociale, les travailleurs de Grand-Bassam continuent d’attendre des réponses concrètes à leurs aspirations.
Kaloua G. Zagadou





