Face à l’accélération des menaces cybernétiques et aux nouveaux risques associés à l’intelligence artificielle, des dirigeants et responsables techniques africains chargés de la cybersécurité renforcent leurs capacités à Rabat. Lancé lundi 5 octobre 2026, le programme « Cyber Academy » met l’accent sur la prise de décision, la gestion des crises et le leadership stratégique en matière de cybersécurité.
La formation est pilotée par la Direction générale de la Sécurité des Systèmes d’Information (DGSSI) et la Banque mondiale (BM), en partenariat avec la Smart Africa Digital Academy (SADA).
Elle s’inscrit dans une démarche de renforcement des compétences des responsables africains confrontés à une transformation rapide de l’environnement numérique.
Le programme « Cyber Academy » est spécifiquement destiné aux dirigeants et responsables techniques des autorités chargées de la cybersécurité dans les pays africains.
L’objectif ne se limite donc pas au perfectionnement des compétences opérationnelles.
La formation entend mettre l’accent sur les défis liés à la prise de décision et au leadership stratégique, afin que les responsables puissent mieux intégrer la cybersécurité dans la gouvernance de la transformation numérique.
Cette approche traduit un changement important : la cybersécurité n’est plus seulement considérée comme une problématique technique, mais également comme un enjeu de gouvernance et de stratégie.
L’un des axes majeurs de la formation concerne les nouveaux risques associés à l’intelligence artificielle.
William Zhang, expert principal en transformation numérique et cybersécurité à la Banque mondiale, a notamment insisté sur l’accélération de l’identification des risques cyber induite par l’IA.
Il a également souligné l’importance d’une préparation accrue des responsables du secteur.
Dans le même temps, l’IA peut jouer un double rôle.
Elle peut renforcer les capacités de détection et de défense des organisations, mais également faciliter l’identification et l’exploitation de vulnérabilités par des acteurs malveillants.
Cette évolution oblige les responsables de la cybersécurité à adapter en permanence leurs dispositifs de prévention, de détection et de réponse.
Le programme, prévu jusqu’au 8 octobre, se distingue également par son orientation pratique.
Des sessions interactives et des simulations de crises cybernétiques doivent permettre aux participants de travailler sur différentes situations auxquelles les institutions peuvent être confrontées.
L’objectif est notamment de renforcer leurs capacités en matière de gestion de crise, de prise de décision, d’anticipation des menaces, de coordination institutionnelle et de leadership stratégique.
Ces exercices doivent rapprocher la formation des conditions réelles dans lesquelles une cyberattaque majeure peut nécessiter des décisions rapides, coordonnées et à fort impact.
Au-delà des compétences individuelles, le programme entend également renforcer la coopération et l’échange d’expertise entre les pays africains.
Dans un environnement numérique interconnecté, une vulnérabilité touchant une administration, une infrastructure ou un système stratégique peut avoir des conséquences dépassant les frontières nationales.
Le partage d’expériences et de mécanismes de réponse devient donc un élément important de la résilience numérique du continent.
Rym Jarou, directrice des partenariats, des événements et de la communication à la Smart Africa Digital Academy, a indiqué que la formation vise à renforcer les capacités des leaders et responsables de la cybersécurité afin qu’ils puissent accompagner les différentes manifestations de la transformation numérique à l’échelle africaine.
L’ambition consiste notamment à doter les responsables chargés de la transformation numérique de compétences leur permettant de gérer la cybersécurité non seulement au niveau opérationnel, mais également au niveau stratégique.
ABIDJAN, 6 octobre 2026
Mohamed Koné – AbidjanPress








