ABIDJAN — La Côte d’Ivoire accélère le renforcement de ses capacités humaines en cybersécurité. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a remis des certificats à 88 nouveaux experts auditeurs du Référentiel général de sécurité des systèmes d’information (RGSSI).
Présidée par le général Guelpétchin Ouattara, directeur général de l’ANSSI, la cérémonie marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de protection des infrastructures numériques, des administrations et des entreprises.
La transformation numérique rapide de l’Afrique, portée notamment par la fintech, l’administration électronique et la dématérialisation des services publics, accroît l’exposition des États, des entreprises et des citoyens aux cybermenaces.
Selon les données de l’Union internationale des télécommunications citées par le directeur général de l’ANSSI, le continent africain enregistrerait un déficit de 100 000 professionnels hautement qualifiés dans des métiers stratégiques tels que l’analyse des centres opérationnels de sécurité, les infrastructures à clés publiques et la réponse aux incidents.
Face à cette pénurie, la Côte d’Ivoire a placé la formation et la certification des professionnels au cœur de sa politique de sécurité numérique.
En six mois, l’ANSSI affirme avoir déjà formé plus de 250 professionnels, parmi lesquels des directeurs des systèmes d’information, des responsables de la sécurité des systèmes d’information et des auditeurs.
L’agence vise désormais la certification de 500 experts avant la fin de l’année 2026.
Cette montée en compétences doit permettre aux administrations et aux entreprises de mieux évaluer leurs dispositifs de sécurité, d’identifier leurs vulnérabilités et de renforcer leur conformité au référentiel national.
Le professeur Talnan Coulibaly, formateur du programme, a présenté la certification RGSSI comme un dispositif reposant sur deux dimensions complémentaires.
La première est technique. Elle porte sur la maîtrise du référentiel national et la conduite des audits de conformité.
La seconde est institutionnelle. Elle confère aux professionnels certifiés une mission de diffusion de la culture du risque et des bonnes pratiques de cybersécurité au sein de leurs organisations.
Le programme comprend deux niveaux distincts. Le premier est ouvert aux profils managériaux et ne requiert pas de compétences techniques préalables. Il aborde notamment le cadre juridique, la gouvernance de la sécurité et la gestion des incidents.
Le second, plus spécialisé, s’adresse principalement aux informaticiens titulaires d’un niveau Bac+3 au minimum, ainsi qu’aux directeurs des systèmes d’information.
Cette architecture permet d’associer les décideurs, les responsables métiers et les spécialistes techniques à la gouvernance de la cybersécurité.
Au nom des récipiendaires, Célestin Bekrou a insisté sur la responsabilité qui accompagne cette certification.
« L’audit n’est pas une chasse aux erreurs ni un exercice de pouvoir, mais une démarche de vérité, d’amélioration et au service de la maîtrise des risques », a-t-il déclaré.
Il a également salué la méthode, la discipline intellectuelle et l’éthique professionnelle transmises aux participants au cours de la formation.
L’ANSSI prévoit de lancer, au cours des six prochains mois, un second parcours destiné aux experts chargés de l’intégration du RGSSI dans les systèmes d’information.
Un catalogue et un calendrier de formations couvrant la période 2026-2027 doivent également être publiés afin d’aider les administrations et les entreprises à organiser la montée en compétences de leurs équipes.
En parallèle, un partenariat avec l’École supérieure africaine des technologies de l’information et de la communication doit permettre l’ouverture d’un master spécialisé en cybersécurité dès la prochaine rentrée académique.
ABIDJAN, 29 août 2026
Mohamed Koné – AbidjanPress








