Une nouvelle montée des tensions militaires est signalée dans le nord de l’Éthiopie. Les Forces nationales de défense éthiopiennes (ENDF) affirment avoir tué 272 combattants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) lors d’une contre-offensive, après une attaque que l’armée décrit comme étant de grande ampleur.
Les informations sur les pertes et le déroulement des affrontements proviennent principalement d’un communiqué de l’armée éthiopienne et doivent, à ce stade, être considérées comme des affirmations de l’une des parties au conflit.
Selon les ENDF, le TPLF aurait lancé une offensive dans le nord-est de l’Éthiopie et pris le contrôle de plusieurs positions.
Les forces gouvernementales affirment avoir ensuite repoussé l’attaque et mis 272 combattants hors de combat, tout en saisissant plusieurs types d’armes et des munitions.
Le communiqué militaire indique également que le groupe armé aurait tenté de s’infiltrer dans la zone de North Wollo, dans la région de l’Amhara, en déployant des forces dans plusieurs districts.
Selon la même source, ces combattants auraient été contraints de battre en retraite après avoir subi de lourdes pertes en hommes et en équipements.
L’armée éthiopienne affirme par ailleurs que 260 combattants ont été blessés et que plusieurs autres ont été capturés.
Aucun bilan indépendant présenté dans le document source ne permet toutefois de confirmer ces chiffres.
Cette nouvelle confrontation ravive les inquiétudes concernant une possible reprise d’hostilités à grande échelle dans le nord du pays.
La situation intervient dans un contexte particulièrement sensible au Tigré.
Entre novembre 2020 et novembre 2022, un conflit armé avait opposé les forces fédérales éthiopiennes et leurs alliés au TPLF.
Les hostilités avaient provoqué une importante crise humanitaire avant la signature, en novembre 2022, de l’accord de paix de Pretoria, négocié sous l’égide de l’Union africaine.
Les tensions actuelles font désormais ressurgir les interrogations sur la solidité de ce processus de paix.
Cette escalade intervient également après l’annonce, dimanche, de la formation d’une nouvelle alliance réunissant sept groupes politiques d’opposition et groupes armés éthiopiens, selon les informations rapportées dans l’article.
Dans ce contexte, les évolutions militaires observées au Tigré, dans l’Amhara et dans les zones voisines prennent une dimension particulièrement sensible.
Les autorités du Tigré ont accusé l’Union africaine (UA) de ne pas avoir suffisamment veillé à la mise en œuvre de l’accord de Pretoria.
Elles demandent désormais à l’organisation continentale d’intervenir afin de favoriser une désescalade face au regain des tensions militaires dans le nord de l’Éthiopie.
De son côté, l’Union africaine s’est dite préoccupée par la prise de contrôle présumée d’aéroports civils par des forces tigréennes et par l’intensification des hostilités au Tigré et dans l’Afar.
Selon le Bureau des affaires de communication du Tigré, les appels répétés du gouvernement régional à une intervention de l’UA seraient restés sans réponse.
Au-delà des bilans militaires revendiqués, l’enjeu central est désormais la préservation de l’accord de Pretoria et la prévention d’un retour à un conflit de grande ampleur dans le nord de l’Éthiopie.
Quatre points méritent une attention particulière.
La situation militaire : les nouveaux affrontements montrent une détérioration de l’environnement sécuritaire.
La vérification des bilans : les chiffres de 272 combattants tués et de 260 blessés sont attribués aux forces armées éthiopiennes et nécessitent une confirmation indépendante.
L’accord de Pretoria : toute extension durable des hostilités pourrait fragiliser davantage le processus engagé en 2022.
La médiation africaine : l’Union africaine se retrouve à nouveau au centre des attentes concernant la mise en œuvre de l’accord et la désescalade.
Après les conséquences humaines considérables du conflit de 2020-2022, la priorité diplomatique reste d’empêcher que les affrontements actuels ne se transforment en nouvelle guerre ouverte.
ABIDJAN, 25 septembre 2026
Mohamed Koné – AbidjanPress








