Le gouvernement malien a lancé, jeudi 24 septembre à Bamako, la phase opérationnelle de sa stratégie nationale 2026-2028 de lutte contre la mendicité. Le dispositif est accompagné de deux autres initiatives portant sur la prévention des tensions dans l’espace religieux et la mobilisation citoyenne.

La cérémonie de lancement a été présidée par le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, en présence de membres du gouvernement, de responsables religieux, d’autorités traditionnelles et de représentants de la société civile.

Le premier plan d’actions de la stratégie nationale de lutte contre la mendicité couvre la période 2026-2028.

Selon les orientations présentées, les interventions doivent notamment porter sur la protection des enfants, l’accompagnement des familles et des maîtres coraniques, l’éducation inclusive et la réinsertion sociale.

Le gouvernement indique privilégier une approche sociale et préventive, plutôt que des mesures répressives visant les personnes pratiquant la mendicité.

En juin, devant l’Organisation internationale du travail, les autorités maliennes avaient évalué le coût du plan à plus de cinq milliards de FCFA et annoncé une cartographie des lieux de regroupement des mendiants.

Le montant définitivement mobilisé pour son exécution n’a toutefois pas été communiqué lors du lancement.

La stratégie avait été présentée en Conseil des ministres le 25 juin 2026. Le 7 août 2026, le Conseil des ministres a ensuite adopté un projet de décret portant approbation de la Stratégie nationale de lutte contre la mendicité et de son Plan d’actions.

La cérémonie organisée jeudi à la Primature marque donc le début annoncé de son déploiement opérationnel.

Le gouvernement a parallèlement intégré à ces initiatives les travaux du Comité de réflexion sur la prévention des troubles dans l’espace religieux.

Créée en avril 2026 par décret du Premier ministre et placée auprès du chef du gouvernement, cette instance est chargée de proposer des mesures concernant les discours susceptibles d’alimenter les tensions.

Son champ de réflexion porte notamment sur les prêches, les médias et les réseaux sociaux.

Les autorités évoquent également la gestion des lieux de culte ainsi que la prévention de l’extrémisme violent.

Selon les éléments communiqués, aucune nouvelle réglementation contraignante concernant les activités religieuses n’a été annoncée lors de la cérémonie.

Le troisième axe concerne une stratégie de mobilisation citoyenne destinée à organiser des activités dans les régions, les établissements scolaires et les communautés.

Les précisions relatives à son calendrier d’exécution, son financement et ses objectifs chiffrés n’ont pas été communiquées dans les informations disponibles.

Le dispositif présenté par Bamako repose sur trois dimensions complémentaires : action sociale, prévention et mobilisation citoyenne.

Sur la mendicité, l’orientation annoncée met l’accent sur la prise en charge sociale, la protection des enfants et la réinsertion plutôt que sur une réponse essentiellement coercitive.

Le volet religieux soulève, lui, un enjeu plus délicat : prévenir les discours susceptibles d’alimenter les tensions tout en préservant l’équilibre entre sécurité, cohésion sociale et exercice des libertés religieuses.

Plusieurs éléments restent néanmoins à préciser pour mesurer concrètement la portée de ces politiques : les ressources effectivement mobilisées, le calendrier détaillé, les indicateurs de résultats et les modalités pratiques d’intervention.

Le passage à la phase opérationnelle constituera ainsi le véritable test de la stratégie 2026-2028.

 

 

ABIDJAN, 25 septembre 2026

Mohamed Koné – AbidjanPress

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