Une affaire présumée d’escroquerie foncière impliquant la société Ivoire Challenge Corporation suscite des interrogations sur la responsabilité des personnalités publiques dans la promotion de projets immobiliers. À la suite de nombreuses plaintes, le procureur de la République près le Pôle pénal économique et financier a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire visant la dirigeante de l’entreprise, Rita Djédjé Grahon, ainsi que plusieurs personnalités du monde des médias, de la musique et des réseaux sociaux.

Au cœur du dossier figurent des opérations de commercialisation de parcelles de terrain dont la régularité est contestée par les plaignants.

Selon les informations communiquées par le parquet, l’affaire a pris de l’ampleur après la centralisation, par la Direction de la police économique et financière, de plus d’une soixantaine de plaintes et de nombreuses dénonciations relayées sur Facebook et TikTok.

Les premiers éléments de l’enquête portent sur des parcelles présentées comme disponibles à la vente par la société Ivoire Challenge Corporation, dirigée par Rita Djédjé Grahon.

Les sommes qui auraient été versées par les victimes présumées sont provisoirement évaluées à 320 701 500 FCFA.

Ce montant demeure une évaluation provisoire dans le cadre de la procédure.

Les investigations préliminaires portent notamment sur la structuration et la commercialisation de parcelles dont la régularité est mise en cause.

Pour promouvoir ses offres et attirer de potentiels acquéreurs, la dirigeante aurait diffusé plusieurs vidéos publicitaires associant des personnalités bénéficiant d’une importante notoriété.

Ces opérations promotionnelles constituent désormais l’un des aspects examinés par la justice.

Selon les éléments rapportés, l’information judiciaire concerne notamment plusieurs personnalités publiques ayant participé à la promotion des offres immobilières.

Parmi les personnes citées figurent Zabio Jean, dit « John Jay », animateur et producteur ; Serey Dié Geoffroy, ancien footballeur international et producteur ; Adrienne Koutouan, comédienne ; Abgré Stéphane, alias « Apoutchou National », influenceur ; Dali Dago Aristide, alias « Pantcho le Gatair » ; Kouamé Yeelen Virginie, alias « Maa Bio » ; et Soumahoro Aboubacar, alias « Yaka Yaka de Paris ».

Le parquet leur reproche, selon le document source, d’avoir contribué à convaincre le public d’investir dans ces projets en mettant leur notoriété au service de leur promotion.

Leur mise en cause ne constitue toutefois pas une déclaration de culpabilité. Il appartiendra à l’instruction de déterminer le rôle exact de chacun et l’existence éventuelle d’une responsabilité pénale individuelle.

L’affaire met également en lumière le rôle des plateformes numériques dans la commercialisation de produits immobiliers.

Selon les éléments de l’enquête rapportés, des groupes WhatsApp auraient servi à présenter les offres, à entretenir les échanges avec les acquéreurs potentiels et à collecter des fonds destinés à la société.

Les enquêteurs devront notamment déterminer la nature des engagements pris auprès des clients, les conditions de commercialisation des parcelles et la destination des sommes collectées.

Les personnes mises en cause et leurs complices présumés devront répondre, dans le cadre de la procédure, de faits susceptibles de relever de plusieurs qualifications pénales.

Le document source mentionne notamment l’association de malfaiteurs, l’escroquerie portant sur du numéraire par appel public à l’épargne, l’abus de confiance, le faux et usage de faux dans des documents administratifs, la complicité d’escroquerie et le blanchiment de capitaux.

Ces qualifications devront être examinées au regard des éléments de preuve recueillis au cours de l’instruction.

La présomption d’innocence demeure applicable à toutes les personnes concernées.

 

 

ABIDJAN, 8 octobre 2026

Mohamed Koné – AbidjanPress

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