Les forces fédérales éthiopiennes ont repris le contrôle de Shire et d’Adigrat, deux villes stratégiques de la région du Tigré, selon des témoignages recueillis sur place par l’Agence de presse africaine (APA). Cette avancée militaire intervient dans un contexte de regain des hostilités, de déplacements de combattants vers la frontière érythréenne et d’accusations croisées entre Addis-Abeba et Asmara.

La situation militaire évolue rapidement dans le nord de l’Éthiopie.

Selon plusieurs habitants interrogés par l’APA, les forces gouvernementales éthiopiennes sont entrées vendredi après-midi dans la ville de Shire, dans la région du Tigré, sans rencontrer de résistance majeure.

Les combattants rebelles auraient quitté la localité avant l’arrivée des troupes fédérales.

Cette progression intervient après la reprise annoncée d’Adigrat, autre ville importante de la région.

Ces développements témoignent d’une modification du rapport de force sur le terrain, même si l’étendue du contrôle militaire et la situation sécuritaire restent à confirmer indépendamment.

L’entrée des forces fédérales à Shire s’est accompagnée de mesures de précaution prises par les habitants.

Un résident a indiqué que des habitants étaient sortis observer l’arrivée des militaires, tandis que les commerces demeuraient fermés.

«« Les gens sont sortis pour les voir arriver. Les magasins sont fermés. Pour éviter les pillages, les habitants se sont organisés dans leurs quartiers respectifs et assurent eux-mêmes leur sécurité. »»

Selon plusieurs témoignages, des combattants rebelles et des représentants de l’administration locale auraient quitté la ville mercredi.

Quatre personnes auraient été tuées lors d’échanges de tirs intervenus dans un contexte de pillages.

Ces informations, rapportées par des habitants, nécessitent une confirmation indépendante, notamment concernant les circonstances exactes des décès.

La situation à la frontière érythréenne constitue un autre point d’attention.

D’après un responsable d’une faction dissidente du Front populaire de libération du Tigré (TPLF), les combattants tigréens se replieraient vers Sheraro, une localité proche de la frontière avec l’Érythrée.

Parallèlement, des forces érythréennes auraient été aperçues à Adigrat, en territoire éthiopien, avant d’être visées par des frappes de drones attribuées à l’armée éthiopienne.

Ces éléments reposent sur des témoignages et des informations rapportées par des observateurs du conflit. Ils ne constituent pas, à ce stade, une confirmation indépendante de la présence ou de l’engagement des forces érythréennes.

Dans ce contexte militaire, Ethiopian Airlines a annoncé la reprise de ses vols à destination de Mekelle, capitale régionale du Tigré, à compter de dimanche.

Cette décision intervient alors que les autorités fédérales semblent reprendre progressivement le contrôle de plusieurs zones stratégiques.

La reprise annoncée des liaisons aériennes représente un développement important pour les déplacements et la connectivité de la région.

Elle ne signifie toutefois pas, à elle seule, que l’ensemble du Tigré a retrouvé une situation sécuritaire stable.

L’évolution des opérations militaires intervient sur fond de dégradation des relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée.

Le gouvernement éthiopien accuse son voisin de soutenir les rebelles tigréens et d’avoir participé à de nouvelles attaques contre les forces fédérales au cours du mois précédent.

Les relations diplomatiques entre les deux pays auraient été rompues la semaine dernière.

Selon une source sécuritaire étrangère citée dans les informations disponibles, entre 5 000 et 8 000 militaires érythréens seraient présents dans la région du Tigré.

Cette estimation demeure une affirmation attribuée à une source et ne peut être considérée comme un effectif officiellement confirmé.

La présence présumée de troupes érythréennes sur le territoire éthiopien renforce les inquiétudes quant à une possible dimension transfrontalière du conflit.

Le Tigré face à un nouveau risque de déstabilisation régionale

La reprise de Shire, d’Adigrat et de Mekelle, telle que rapportée dans les informations disponibles, marque une évolution significative des opérations militaires dans le nord de l’Éthiopie.

Trois enjeux majeurs se dégagent :

1. Le contrôle territorial. La reprise des principaux centres urbains peut renforcer la position des forces fédérales, sans garantir la disparition des groupes armés ni la fin des affrontements.

2. Le risque d’extension régionale. Les accusations impliquant l’Érythrée et les mouvements de combattants près de la frontière font craindre une aggravation des tensions entre États voisins.

3. La protection des civils. Les décès signalés, les risques de pillages et les difficultés de circulation soulignent l’importance de la sécurité des populations et de l’accès humanitaire.

L’essentiel à retenir

L’armée éthiopienne reprend plusieurs positions stratégiques au Tigré, tandis que des combattants rebelles se replieraient vers la frontière érythréenne.

La situation reste fragile, particulièrement en raison des accusations d’implication de forces étrangères et des risques encourus par les populations civiles.

L’évolution du conflit dépendra notamment de la stabilisation des zones reprises et des relations entre Addis-Abeba et Asmara.

 

 

ABIDJAN, 12 octobre 2026

Mohamed Koné – AbidjanPress

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