Face à l’ampleur grandissante du fléau de l’orpaillage illégal, le Réseau des journalistes ivoiriens contre la crise climatique et environnementale (RJICCE), en partenariat avec l’Antenne de Korhogo du Centre ivoirien antipollution (CIAPOL), a organisé le vendredi 9 octobre 2026 une session de formation à l’intention des professionnels des médias. Axée sur le thème « Orpaillage : De l’exploitation de l’or à la dégradation de l’environnement », cette rencontre visait à armer les journalistes pour mieux informer et éveiller les consciences.
Le journaliste, un ’’ éveilleur de conscience’’
Elvis Gouza, directeur exécutif du RJICCE, a saisi cette rencontre pour lever un coin de voile sur le rôle central que doit jouer la presse face à la crise écologique majeure que traverse la Côte d’Ivoire.
« Nous saisissons cette session de formation pour exhorter les confrères et consœurs à user de leur plume pour sensibiliser les populations à adopter des comportements éco-citoyens et aussi amener les décideurs à prendre les bonnes décisions pour le bonheur des populations. Le journaliste, par ses reportages, enquêtes et interviews, doit être un éveilleur de conscience », a souligné M. Gouza.
Intervenant lors de cette formation, Koné Mamadou, ingénieur en environnement au CIAPOL, a dressé un bilan sans concession de l’impact des activités aurifères.
Selon lui, qu’elle soit artisanale, semi-industrielle ou industrielle, l’extraction de l’or génère des dégradations environnementales inévitables. « Toutefois, c’est l’orpaillage illégal pratiqué hors de tout cadre légal et sans prescriptions réglementaires, qui cause les ravages les plus profonds.
Les conséquences sur les ressources hydriques du pays sont critiques. Les principaux bassins hydrauliques du pays (le Bandama, le Cavally, la Comoé et le Sassandra) sont tous touchés par l’orpaillage illégal.
La turbidité accrue et la contamination chimique menacent directement les sources d’approvisionnement utilisées par la SODECI pour traiter l’eau destinée aux ménages. Le bilan de l’année 2023 a ainsi révélé que la matrice d’eau a été touchée à plus de 80 %, avec 120 sites fluviaux impactés par le mercure.
Nous avons aussi la destruction des habitats naturels, prolifération de fosses abandonnées, érosion et perte de terres agricoles appauvrissent durablement l’écosystème. Ainsi que l’exposition aux substances toxiques et aux poussières, la prolifération de gîtes larvaires de moustiques dans les excavations, la hausse des coûts de potabilisation de l’eau et présence d’enfants sur certains sites clandestins », a-t-il confié.
Le CIAPOL face aux défis de terrain
Structure d’État créée par décret en 1991, le CIAPOL assure le suivi de la qualité des milieux naturels à travers son Réseau national d’observation et la gestion des interventions d’urgence contre les pollutions.
A l’en croire, malgré ses missions de surveillance, de prélèvement et de constatation des atteintes environnementales, l’institution fait face à d’importantes contraintes matérielles, notamment la limitation des moyens de déplacement pour couvrir l’ensemble des régions.
Face à ce constat, M. Koné Mamadou a rappelé l’urgence d’un changement collectif de comportement et a mis en avant plusieurs recommandations clés à savoir renforcer la coordination et les missions conjointes entre les administrations ; intensifier la surveillance et procéder à des analyses régulières de la qualité des eaux. Et aussi accélérer la réhabilitation des sites abandonnés et exiger des garanties financières de la part des exploitants et sensibiliser les communautés riveraines de manière continue.
Faut-il le souligner, à travers ce renforcement de capacités, les médias sont appelés à se mobiliser pour faire de la lutte contre la dégradation de l’environnement une priorité nationale.
Source: Sercom RJICCE








